Protection des récifs coralliens dans les outre-mer français | Ministères Transition écologique, Aménagement du Territoire, Transports, Ville et Logement
La France agit aux niveaux national et international pour protéger les écosystèmes coralliens menacés par les activités humaines et le changement climatique.
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Thème clair Thème sombre Thème système Voir le fil d’Ariane Accueil Nos actions Mieux préserver notre planète Littoral et milieu marin Protection des récifs coralliens dans les outre-mer français Publié le 03 novembre 2020 Mis à jour le 31 juillet 2025 Temps de lecture : 9 minutes Protection des récifs coralliens dans les outre-mer français Littoral et milieu marin Partager la page Partager sur Facebook Partager sur Linkedin Partager sur X Partager l’adresse de la page par courriel Copier dans le presse-papier Source de revenus et de nourriture, protection des côtes contre la houle et les tempêtes, source de substances actives utiles dans les biotechnologies… Lorsqu'ils sont en bonne santé, les récifs coralliens fournissent de nombreux services et contribuent au développement économique local. La France agit aux niveaux national et international pour protéger ces écosystèmes menacés par les activités humaines et le changement climatique. Sommaire Bilan de l'état de santé des récifs coralliens Bastien Preuss A l'occasion de la journée mondiale des océans 2021, l'IFRECOR publie le Bilan de l'état de santé des récifs coralliens, herbiers marins et mangroves des outre-mer français en 2020. Ce bilan s'appuie sur plus de 20 ans de suivi pour dresser les tendances de l'évolution de ces écosystèmes sur le long terme, et présente un instantané contrasté de leur état de santé. 70% des récifs coralliens sont en bon état dans les territoires du Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis et Futuna) et les Îles Éparses de l'Océan Indien. Dans les territoires plus densément peuplés et anthropisés des Antilles françaises (Guadeloupe, Martinique, Saint-Barthélemy, Saint-Martin) et de l'Océan Indien (Mayotte, La Réunion) 62% des récifs coralliens sont en état dégradé. A la différence des précédentes éditions du bilan, cette publication s'inscrit en réponse à l'article 113 de la loi biodiversité. Les aspects relatifs aux herbiers marins et aux mangroves y sont plus longuement développés et elle propose un travail sur les pressions affectant les écosystèmes avec une dimension plus exploratoire sur la définition d'indices de pression cumulées ou de relations pressions-état. Ces résultats viennent nourrir l'action publique et seront pris en compte dans la poursuite de la mise en œuvre du Plan d'actions pour la protection des récifs coralliens pour atteindre la protection de 100% des récifs coralliens français d'ici à 2025. Ce bilan complet permet de développer davantage les éléments de contexte, et les résultats de la synthèse publiée le 8 juin dernier. Il accorde également un développement approfondi à la situation territoire par territoire dans 12 chapitres détaillant l'état de santé et les tendances d'évolution suivies par les écosystèmes ultramarins. Télécharger SYNTHESE. Etat de santé des récifs coralliens, herbiers marins et mangroves des outre-mer français pour les décideurs PDF – 46.56 Mo Télécharger le bilan complet via Dropbox Des écosystèmes marins d'une grande valeur Les récifs coralliens, au même titre que les mangroves et les herbiers (écosystèmes associés aux récifs), font l’objet de nombreux usages, tant à travers les pêches récifales, que les activités récréatives et touristiques. Un tiers des espèces marines connues vit dans les récifs, soit près de 100 000 espèces. Derrière cette diversité se cache également un réservoir de produits naturels susceptibles de constituer les médicaments de demain. Qu’est-ce qu’un récif corallien ? Un récif corallien est une structure naturelle construite par des animaux, les coraux, qui vivent en colonie et fabriquent un squelette calcaire. Les écosystèmes coralliens nous rendent de nombreux services. En atténuant la houle, les barrières récifales permettent de limiter l’érosion du littoral et les risques liés aux tempêtes. L'érosion des récifs est aussi à l'origine du sable qui constitue certaines plages. Ils délimitent également des zones de lagon, utiles par exemple pour l’activité de perliculture en Polynésie française. Les espaces abrités permettent la pratique d’activités touristiques, comme c’est le cas sur l’île de La Réunion, à Mayotte ou dans les Antilles. Entre 2011 et 2015, l’Initiative française pour les récifs coralliens (Ifrecor) a évalué la valeur économique des services rendus par les récifs coralliens et écosystèmes associés de 9 collectivités d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, La Réunion, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Wallis et Futuna). Ces écosystèmes génèrent une valeur économique estimée à 1,3 milliard d’euros, dont plus de 500 millions d’euros sont directement comptabilisés dans les statistiques économiques. Les principaux services identifiés sont la protection côtière (près de 600 M€/an), le tourisme bleu (315 M€/an), la pêche récifale (commerciale et d’autoconsommation pour 215 M€/an) et la séquestration du carbone par les mangroves et herbiers (175 M€/an). Au total en France, environ 12 000 sociétés, 50 000 emplois et plus de 175 000 ménages dépendent à différents degrés des services écosystémiques des récifs coralliens et des écosystèmes associés. Pour en savoir plus Valeur économique des services rendus par les récifs coralliens et écosystèmes associés des outre-mer français. Rapport de synthèse, Ifrecor, 2016. Les récifs coralliens menacés Milieux complexes, les récifs coralliens sont d’une extrême fragilité et les dégradations à l’échelle mondiale sont particulièrement inquiétantes. Aux actions humaines directes – surpêche, surexploitation des ressources, remblaiement, défrichements et terrassements, pollutions diverses et absence de traitement des déchets, commerces des poissons et des produits récifaux, tourisme – s’ajoutent les effets du changement climatique et de l'acidification des océans. Au niveau mondial, on estime que 20 % des récifs et des écosystèmes associés ont été irrémédiablement détruits au cours des dernières décennies, en raison de pressions anthropiques et naturelles. Parmi les 80 % restants, seuls 30 % seraient dans un état satisfaisant. À l’échelle nationale, on observe une diminution du recouvrement corallien sur 29 % des stations suivies. Cependant, cette évaluation ne tient pas compte des derniers évènements climatiques extrêmes (cyclone Irma en 2017 dans les Antilles, blanchissement des coraux indo-pacifiques en 2016-2017), ce qui laisse à penser que la tendance réelle est encore plus préoccupante. En réalité, comme au niveau mondial, la perte de biodiversité est constatée par les scientifiques et les gestionnaires depuis environ quatre décennies, avec des situations variables suivant les zones géographiques : globalement les récifs du Pacifique sud sont en bon état comparativement à ceux de l’océan Indien et des Antilles françaises. Des actions en faveur de la protection des récifs coralliens Au niveau national Face à ces menaces et pour améliorer l’état de conservation des écosystèmes coralliens français, l’Initiative française pour les récifs coralliens (Ifrecor) s’emploie à organiser la gestion durable de ces écosystèmes sensibles. Elle favorise leur prise en compte dans les stratégies nationales et locales, crée les conditions d’une pêche durable, lutte contre la pollution des eaux marines et la sédimentation et promeut un tourisme soutenable. Le Plan d’actions pour la protection des récifs coralliens des outre-mer français Le plan d’actions pour la protection des récifs coralliens français structure l’action publique pour répondre aux objectifs nationaux de protection de ces écosystèmes. Élaboré dans le respect des compétences de chacun, il s’appuie sur l’Ifrecor pour obtenir l’engagement des collectivités ultra-marines à compétence propre en environnement. Contexte et enjeux Responsable de 10 % des récifs coralliens du monde, la France s’est dotée d’objectifs ambitieux pour la protection de ces écosystèmes vulnérables et précieux : l’article 113 de la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages fixe l’objectif de protéger 75 % des récifs coralliens ultramarins d’ici à 2021 ; l’action 37 du Plan biodiversité étend cet objectif à l’ensemble des récifs coralliens français d’ici à 2025. Pour atteindre ces objectifs, le Plan d’actions pour la protection des récifs coralliens des outre-mer français structure l’action publique menée en faveur de ces écosystèmes. Il vise à encadrer et diminuer les pressions anthropiques locales qui s’exercent sur les récifs coralliens afin de favoriser leurs capacités de résilience. Le plan ne traite pas directement du changement climatique et sa réussite est liée à l’atteinte des objectifs internationaux fixés par la convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique, ainsi qu’à la bonne mise en œuvre des politiques d’adaptation. Il s’articule autour de six axes structurants. Renforcer le cadre de la protection en mer En 2019, 67 % des récifs coralliens des outre-mer français étaient inclus dans le périmètre d’une aire marine protégée et à ce titre susceptibles de faire l’objet de mesures de protection. Cet axe vise à développer la protection spatiale en mer (en cohérence avec la Stratégie nationale pour les aires protégées 2020-2030), ainsi que les outils de protection réglementaire. Il s’attache en outre à réduire les pressions issues de la navigation de plaisance, interdire les opérations de dragage en milieu corallien et identifier et protéger les espèces coralliennes les plus menacées. Réduire les pressions venant du bassin versant Les récifs coralliens sont particulièrement vulnérables aux pollutions d'origine terrestre apportées par les cours d'eau et les canalisations. Cet axe s’attache donc à identifier et réduire les sources des principaux polluant chimiques, à améliorer leur prise en compte dans les politiques publiques sectorielles de gestion des eaux, en valorisant les solutions fondées sur la nature (restauration d’écosystèmes tampons). Cela s’inscrit dans une logique de gestion intégrée de la zone côtière. Éviter-réduire-compenser en milieu corallien La séquence éviter-réduire-compenser (ERC) est solidement définie aux niveaux national et européen…